LA SATIRE

 

Depuis l'antiquité, la Satire œuvre dans tous les domaines créatifs. D'abord constituée en genre littéraire, surtout exprimée en chansons ou poésies, dont tout le mérite consistait dans la vivacité des réparties. Les Romains durent aux Toscans la connaissance de ce genre de poésie, qui avait été cultivé par les Grecs, chez lesquels on nommait tragédie satirique un pamphlet qui se jouait après la tragédie pour délasser l'esprit des spectateurs de la sérieuse attention qu'ils avaient donnée à la représentation tragique ; c'était une espèce de divertissement, où l'on voyait d'un côté une aventure remarquable d'un héros, et de l'autre les railleries et les plaisanteries des satyres. Par la suite, elle gagnera peu à peu les beaux arts à l'époque classique et enfin, dans notre ère moderne elle à su élargir son influence par le biais des grands médias (Presse, télévision, cinéma et internet..). Bref, aujourd'hui, la Satire est partout et se différencie de la comédie en attaquant ouvertement et de face, tandis que l'autre ne critique qu'indirectement. La Satire se veut donc une critique railleuse, provocante et suscitant la réflexion, ce qui, par essence, lui confère un caractère moraliste.

Maître dans l'art de la caricature, JIHEL s'est très vite imposé dans le genre satirique visuel en mettant sous nos yeux les dérives de l'humanité à travers l'Histoire, la Société ou la Politique, faisant fi de la censure et frisant même parfois la diffamation.

En "forçant le trait", tant sur le dessin que sur le texte, il stigmatise outrageusement les vices et défauts des personnages ou institutions qu'il critique et bien que les mettant en scène dans des mondes et des situations souvent surréalistes et uchroniques, pour JIHEL, la satire est le contraire de l'Utopie. Chaque dessin ou affiche interpelle au plus haut point et nous conduit donc à réfléchir.

Comme le souligne souleymanne BAH (journaliste, comédien metteur en scène) dans une thèse soutenue en 2004, la satire n'a pas pour seul but de divertir : " il s'agit in fine de dénoncer les travers et les fautes morales observés au sein de la société, notamment chez les puissants."



 

Pascal Valdim

 

 

           En janvier 2015 une dizaine de dessinateurs, chroniqueurs , collaborateurs du journal satirique Charlie Hebdo sont lâchement assassinés et c'est la liberté d'expression sous couvert de guerre de religions qui est en quelque sorte ciblée. Mais si ces malheureux dessinateurs comprenaient parfaitement le danger auquel ils s'exposaient quotidiennement en soutenant la cause à laquelle ils étaient attachés, ils ne pouvaient faire autrement tant ils étaient convaincus de leurs idées. Ils en sont tous mort, ce n'était pas du cinéma et cela nous est insupportable.

        

        C'est fou ce qu'un coup de crayon peut déranger. C'est pourtant bien le but du dessinateur satirique d'amener le lecteur à s'interroger en décryptant le message illustré.

            L'objectif de la caricature n'est pas d'enjoliver ou d'exalter mais bien de dénoncer les excès et les comportements amoraux. Dans cette optique, JIHEL nous offre avec un malin plaisir une ribambelle de dessins satiriques historico-critique ou l'on reconnaîtra à souhait par le trait ou le texte ces personnages qui font la Une de l'actualité pour leurs travers et leurs écarts de conduite. L'un des personnages les plus en vogue ces dernières années, estNicolas Sarkozy dont JIHEL à fait son plastron pour ne pas dire sa tête de Turc, le mettant en scène de manière très drôle et  toujours avec le souci du détail, dans des situations parfois rocambolesques mais directement inspirées par  l’intéressé.

      Sans déroger à son talent et son imagination bouillonnante, JIHEL, en bon sarkophage,  nous offre ici une collection généreuse de dessins irrésistibles et du plus bel ouvrage, véritable trombinoscope du plus populaire des mi-grands.

2016 : Jihel créé par Janick Jacquet 

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